Il ne cherchait pas un couteau. Il cherchait une façon de dire quelque chose à un grand-père qui n’est plus là, à une famille réunie autour d’une table. Gael nous a confié les médailles militaires de son Papi, Raymond. Nous n’avons rien fondu : la médaille reste présente comme une présence, ses insignes de bataillon devenus les rivets du manche. Une lame inox scandi à profil convexe, la géométrie tranchante. Un objet de transmission qui ne se range pas il s’utilise, il circule, il parle à la place de ceux qui ne sont plus là.
Ici nous vous racontons notre rencontre avec Gaël qui a rendu hommage à la mémoire de son Grand Père, son héros.
« J’ai toujours voulu faire quelque chose. Je ne savais pas comment. »
Gael avait les médailles de son grand-père depuis des années. Rangées dans sa chambre, à côté de ses vêtements. Il les regardait souvent. Il ne savait pas quoi en faire.
Il avait des photos. Des souvenirs. Mais rien qu’il puisse poser dans son salon, tenir dans la main, montrer. Rien de matériel à honorer.
Raymond Burgun, c’était « Papi ». Un homme un peu froid, pas très tactile mais qui savait faire rire tout le monde. Il n’a jamais parlé de l’Algérie. Les médailles racontaient une histoire qu’il gardait pour lui.
Un grand-père qui a été un père
Le vrai père n’était jamais là. C’est Raymond qui a tout appris à Gael. Le jardin. Les lapins. Le bricolage. La distillation des mirabelles et des quetsches. Une enfance entière passée chez lui et son arrière-grand-mère, la maman de Papi. Une présence de tous les instants, dans les deux sens.
« Il avait un grand cœur. Il était toujours là quand j’en avais besoin. »
Sa femme avait compris
C’est elle qui l’a orienté vers nous. Elle savait le respect que Gael portait à cet homme. Elle savait qu’un objet peut porter ce que les mots ne suffisent pas toujours à dire. L’idée du couteau est née à notre première rencontre. Pas avant. Il fallait poser la matière sur la table, en parler, pour que la forme se révèle.
Ils sont venu. Il a posé la médaille sur l’établi. On a parlé. Longtemps.
La matière confiée : une médaille, une vie de service
Une décision s’est imposée d’elle-même : la médaille ne serait pas fondue, pas transformée, pas effacée. Elle serait présente dans la pièce — comme une présence, pas comme un matériau. Les insignes du bataillon deviendraient les rivets du manche. Là où la main se pose. Là où on tient l’objet.
Les choix de forge
| Élément | Détail |
|---|---|
| La matière | Médaille militaire de Raymond Burgun, conservée intacte — insignes de bataillon intégrés aux rivets |
| La lame | Inox , profil convexe celle qui glisse et tranche sans effort |
| Le geste | Forgé à la main dans notre atelier de Lorraine — pièce unique |
Ce qu’en dit Gael
« Mika, votre démarche m’a touché. C’est l’une des plus belles manières de créer un objet de transmission ou d’engager une conversation en mémoire lors d’un repas. »
Il a pleuré en le disant. On ne l’oubliera pas.
Un couteau qui sort à table, pas un objet de vitrine
Gael est boucher de métier. Il connaît les lames, leur équilibre, leur comportement, ce qu’une bonne lame fait que les autres ne font pas.
Il voulait quelque chose qu’il sortirait lors des repas de famille. Lors des apéros entre amis. Un couteau qui crée un moment qui appelle la question, qui ouvre la conversation, qui fait exister Raymond dans la pièce sans qu’on ait besoin de l’annoncer.
Ses exigences étaient claires. Chaque détail avait une raison. Pas de compromis.
« Je n’avais rien de lui que je pouvais mettre en avant. Maintenant, si. »
Ce que ça crée : un objet qui ne se range pas
Ce couteau ne vaut pas seulement par ce qu’il est. Il vaut par ce qu’il fait, la conversation qu’il ouvre quand il arrive sur la table. Le moment où quelqu’un demande d’où il vient. La réponse qui suit. » C »est un couteau en Hommage à Raymond »
Il circule. Il parle à la place de ceux qui ne sont plus là pour le faire.
C’est ça que sa femme a offert à Gael. Pas un couteau. Un porte-parole. Gael lui fabrique d’ailleurs son support de ses propres mains parce qu’un objet pareil ne se pose pas n’importe où. Il lui construit sa place.
Il y a des mots qu’on n’a pas toujours pu dire à temps, des présences qu’on aurait voulu prolonger. Cet objet ne les remplace pas. Il les porte. Et ce couteau, Gael le transmettra à sa fille, avec une seule chose à comprendre en le tenant : Raymond était le meilleur des grands-pères.
« Il m’a toujours aimé, comme je l’aimerai toujours. » Gaël
Peut-on forger un couteau à partir d’un objet de famille ?
Oui, c’est le cœur de notre démarche « Un couteau, une histoire ». Médaille, outil ancien, bois centenaire, pierre rapportée d’un voyage : nous partons de la matière que vous nous confiez pour en faire une pièce unique. Chaque projet commence par une rencontre où l’on décide ensemble ce qui doit être conservé, transformé, ou intégré , comme les insignes de médaille devenus rivets sur le couteau de Raymond.
Faut-il fondre l’objet confié pour le transformer ?
Pas nécessairement, et souvent nous préférons ne pas le faire. Sur le couteau de Gael, la médaille de son grand-père a été conservée intacte : ses insignes de bataillon sont devenus les rivets du manche, à l’endroit où la main se pose. L’objet reste présent comme une présence, pas comme un simple matériau. Le choix dépend de ce que vous voulez faire vivre.
Combien de temps, faut il attendre pour une commande ?
Le délai dépend de la complexité de la pièce et de la matière confiée. Une commande sur mesure suppose une première rencontre, des choix de forge validés ensemble, puis le travail manuel à l’atelier. Contactez-nous avec votre projet pour une estimation précise.
Quel acier choisissez-vous pour une lame destinée à un usage à table ?
Cela dépend de l’usage réel. Pour Gael, boucher de métier qui voulait un couteau sorti aux repas de famille, nous avons retenu un inox skandi profil convexe la géométrie qui glisse et tranche sans effort. Chaque choix d’acier et de géométrie répond à la façon dont vous comptez utiliser la pièce.


